Mes chers amis,

Il y a quelques jours, j’interpelais Nicolas Mayer Rossignol et me faisais le relais de la position adoptée par la fédération 27 du PCF. Je parle à nouveau en son nom aujourd’hui et en accord avec Jean-Luc Lecomte, son secrétaire fédéral.

Réagissant à la scandaleuse attitude du PS en Seine-Maritime qui a fait le choix de soutenir des candidatures dissidentes, y compris contre le député communiste Hubert Wulfranc, la fédé de l’Eure du PCF avait lancé un avertissement au PS : Ne brisez pas, au niveau régional, l’accord de la NUPES, faute de quoi des candidatures communistes pourraient fleurir contre les candidats PS, dans la 4ème circonscription de l’Eure par exemple.

Il est bon de savoir que les candidatures de la NUPES ont été établies en fonction notamment d’un équilibre au niveau régional. La Seine Maritime ayant 3 députés communistes, cela aurait donc justifié l’absence de circonscription réservée au PC dans l’Eure. La trahison du PS en Seine maritime qui se présente face à un de nos députés sortants, rompt cet équilibre et remet, de fait, en question l’absence du PC dans le département de l’Eure.

Le PCF a pourtant joué loyalement le jeu de l’alliance. J’ai, à titre personnel, toujours joué la carte de l’union, depuis le front de gauche en 2012, en passant par une candidature PC, France Insoumise, NPA en 2017 et l’union de toute la gauche aux départementales de 2021.

L’attitude irresponsable du PS 76 qui fait le choix de la trahison, des petites ambitions personnelles et de la dissidence est un affront. Un affront aux électeurs et électrices qui réclament l’union sur un programme clair de gauche, un affront pour le travail formidable mené par mon ami Hubert Wulfranc, et un affront pour l’ensemble du PCF, de ses militants et de ses électeurs.

J’ai donc, nous avons donc, demandé au PS 76 et à Nicolas Mayer-Rossignol de revenir à la raison, de calmer leur ego. Ils n’ont même pas pris la peine de nous répondre.

Le PCF de l’Eure, qui n’a, rappelons-le, pas obtenu une seule circonscription dans laquelle se présenter reste pourtant attaché à la NUPES et aux mesures fortes qu’elle porte : Augmenter le SMIC à 1500 € net ; Bloquer les prix des produits de première nécessité ; Rétablir la retraite à 60 ans ; Créer la garantie autonomie de 1063 € ; Abroger Parcoursup et la réforme du lycée ; Recruter et investir dans les services publics : hôpital, école, EHPAD ; Planifier le passage à 100 % d’énergies renouvelables ; Rénover et isoler 700 000 logements par an ; Passer à une agriculture écologique : sortir de l’élevage intensif et des pesticides ; Injecter 1 milliard pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles ; Augmenter et déconjugaliser l’allocation adultes handicapés (AAH) ; Instaurer le RIC et passer à la 6e République…

Nous regrettons toutefois que l’accord conclu avec le PS ait pu ouvrir un certain flou sur des mesures pourtant essentielles comme la revalorisation du SMIC et la question de la retraite pour tous et toutes à 60 ans.

Nous regrettons aussi l’attitude du PS qui en Seine-Maritime a, délibérément, rompu la confiance. Comment faire confiance demain à un parti qui accepte, voire encourage, la trahison dès aujourd’hui. Comment croire un parti qui ne respecte pas la parole donnée, qui revient sur ses engagements, qui place son intérêt particulier avant celui de la gauche ?

Demain, s’ils sont élus, que voteront-ils ? Porteront-ils les exigences du programme de la NUPES, ou bien laisseront-ils libre cours à leur penchant social-démocrate ? Une critique objective de leur part du quinquennat Hollande nous aurait sans doute permis d’y voir plus clair…

La situation est donc la suivante : malgré notre appel, malgré notre avertissement de candidatures contre le PS dans l’Eure, la fédération du parti socialiste de Seine Maritime a décidé de maintenir ces candidats dissidents et notamment contre notre député sortant.

Le PCF de l’Eure, parce qu’il est un parti responsable, parce qu’il est un parti attaché avant tout à être utile aux gens, parce qu’il est un parti qui souhaite une large victoire de la vraie gauche, n’ira pas au bout de la surenchère déclenchée par le PS 76, par Nicolas Rouly et par Nicolas Mayer-Rossignol.

Nous valons mieux que cela, les électeurs et les électrices valent mieux que cela. Pour parodier un slogan de nos amis du NPA, nous pourrions dire que nos vies valent mieux que leurs conflits.

Nous ne présenterons donc pas de candidat face au candidat socialiste de la quatrième circonscription de l’Eure, mais nous ne nous engagerons pas à ses côtés, la confiance étant rompue. Nous laisserons les électeurs faire leur choix, librement.

A titre personnel, je souhaite la victoire la plus large possible des candidats sincères, engagés, des candidats de terrain, présents dans les luttes et qui portent depuis longtemps des convictions d’une gauche de rupture, comme mes amis Hubert Wulfranc, Jean-Paul Lecoq, mais aussi Sebastien Jumel et François Ruffin qui avaient été à nos côtés lorsque nous nous sommes battus pour les aides à domicile de l’agglomération Seine-Eure.

Le combat ne s’arrêtera pas avec les législatives. Rien ne se fera sans le soutien du peuple, sans la pression vigilante de la rue et des luttes. Alors j’appelle toutes celles et tous ceux qui veulent en finir avec la folie du libéralisme, qui veulent agir pour de vrai pour le climat et qui veulent construire une société plus démocratique, plus émancipatrice, plus juste, à se regrouper dès demain pour continuer la bataille engagée.

Arnaud Levitre.