Madame Borne, après cinq années passées dans les gouvernements d’Emmanuel Macron, vous voici donc Première ministre. Un changement dans la continuité, voire l’immobilisme ! Certes, on ne peut que se réjouir de voir à nouveau ce poste attribué à une femme, 30 ans après Edith Cresson, mais nous ne sommes pas dupes. Il était tellement urgent pour Monsieur Macron de vous nommer qu’il a mis cinq ans à passer à l’acte ! Ajoutons que depuis le 10 avril, date de sa qualification pour le 2ndtour des présidentielles, il a eu tout le temps nécessairepour se décider. Il lui a pourtant encore fallu 5 semainespour vous désigner. Bref, on n’a pas senti l’urgence… ni la sincérité ! En tout cas, vous voilà d’emblée fragilisée. 


J’observe aussi qu’après la « droite bling-bling » voici la « droite casting » qui fait des coups et des nominations gadget. On a très bien compris la stratégie politique d’Emmanuel Macron en vous choisissant. A un moment où il se sent menacé par l’union des forces de gauche, Il sait que les médias mettront en avant votre ancienne proximité avec le Parti socialiste ou vos collaborations avec Lionel Jospin, Jack Lang ou Ségolène Royal. D’ailleurs, vous avez-vous-même choisi un ex-communiste comme directeur de cabinet. Bientôt la « révolution » pour reprendre le titre du livre de 2016 d’Emmanuel Macron.

Alors Madame Borne, montrez-nous que vous êtes autre chose qu’un simple produit d’appel pour attirer les électeurs progressistes. Vous avez été ministre des Transports puis de la transition écologique. Votre Président veut que vous soyez « directement chargée de la planification écologique ». Eh bien, commençons les travaux pratiques ! 

En 2018, après plus de cinquante ans de blocage, l’un de vos prédécesseurs, Edouard Philippe, a mis fin au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ça semblait impossible, et pourtant ça n’a été ni difficile ni douloureux. A votre tour, occasion vous est donnée de respecter la volonté populaire, les engagements des élus, mais aussi l’environnement et notre cadre de vie. Je vous demande donc d’annoncer la fin du projet autoroutier à l’Est de Rouen. C’est une aberration sur le plan écologique et une gabegie sur le plan financier. Cette autoroute supplémentaire ne règlera aucun des problèmes rencontrés. Pire, elle va même en créer. On vous demande juste de préserver les intérêts de nos poumons plutôt que ceux des profiteurs du goudron !

Maire d’Alizay, Conseiller au Département de l’Eure, je suis même prêt à vous accueillir ou venir vous rencontrer quand vous le souhaitez pour vous démontrer l’évidence qu’il y a à renoncer à ce saccage. Voilà pour vous l’occasion de marquer votre territoire… en sauvant le nôtre ! Ne la manquez pas !

Elisabeth Borne, la balle est dans votre camp !