Mes chers collègues,


Notre responsabilité impose de garder des raisons d’espérer mais nous n’y sommes guère aidés.

Dans son nouveau rapport, le GIEC dit et répète combien nos actions – et surtout notre inaction – nous mènent droit à une catastrophe climatique mondiale. En 2020, on a atteint un record de 90 millions de réfugiéssur Terre avec plus de déplacements liés au dérèglement climatique qu’aux conflits armés.

Dans le même temps, l’épidémie de COVID joue sur notre santé et avec nos nerfs. Or, comme l’a rappelé l’OMS, « Cette pandémie ne sera finie nulle part si elle n’est pas finie partout ».

A tous ces malheurs vient s’ajouter l’inadmissible guerre en Ukraine. Une démocratie attaquée par une puissance nucléaire incontournable à l’ONU. Du jamais vu auquel nous n’aurions jamais cru.

Dès lors, face à tant de catastrophes et d’incertitudes,faut-il suspendre notre vie démocratique ? S’interdire le débat politique ? Se dire que « ce n’est pas le moment » ?

Eh bien NON.

Vous le savez, j’aspire à entretenir avec chacune et chacun d’entre vous des relations cordiales et respectueuses. Mais, portés par la volonté de nos électeurs, nous pensons qu’est venue l’heure du bilan du quinquennat du Président Macron.

Autant vous le dire d’emblée : pour moi, ce bilan est une faillite.

Faillite démocratique d’abord. Voyez le niveau d’abstention contre lequel rien n’est fait. Voyez la répression des mouvements sociaux, des Gilets jaunes,tous ces mutilés, éborgnés, tous ces gens qui aujourd’hui nous disent qu’ils n’osent même plus aller manifester.

La faillite démocratique c’est un président qui trahit laConvention citoyenne pour le climat. Tout devait êtresoumis « sans filtre » au Parlement. Depuis, la France a été condamnée en justice pour son inaction climatique. D’ailleurs, que vaut la parole politique quand le projet d’autoroute supplémentaire à l’Est de Rouen est maintenu contre l’avis des élus, des habitants et du bon sens ?

La faillite démocratique enfin, c’est un Conseil des ministres qui se réunit le 29 février 2020 pour lutter contre l’épidémie à venir et qui en ressort avec le 49-3 pour passer en force sur les retraites !

Mais la faillite est aussi morale. Cette République devait être exemplaire, elle devient bananière entre affaires, scandales et démissions. BAYROU, GOULARD, FERRAND, FLESSEL, NYSSEN, GRISET, DE RUGY, GRIVAUX, DELEVOYE, SOLERE, BIGORGNE. Pour la mise en examen de BUZYN ? La légion d’honneur.Pour celle de BAYROU ? Un poste de haut-commissaire au plan. Pour celle de DUPOND-MORETTI ? Le maintien au poste de Garde des Sceaux. La faillite morale c’est encore l’affaire BENALLA avec un Emmanuel MACRON invitant à « venir le chercher » !

Je dénonce également la faillite organisée de nos Services publics. A commencer par la « faillite BLANQUER ». Un ministre qui bat des records de longévité, mais surtout de détestation, lui qui contraint beaucoup mais convainc si peu puisque, nous dit le Sénat, seulement 4 % des professeurs se sentent valorisés à l’école.

Ce ministre, comme tant d’autres, a continuéd’appliquer la logique comptable, fermant classes et écoles même pendant la crise sanitaire, même contre l’avis des maires concernés. Un ministre bonimenteur promettant à nos professeurs d’être les mieux payés d’Europe ! Mais quelle farce !

Impossible d’oublier nos soignants, dans la rue contre laréforme des retraites. Les matraques et lacrymogènesétaient bien au rendez-vous. Pas comme pour les masques, gants et blouses dont ils étaient privés au moment d’entrer « en guerre » contre le virus. Des soignants écœurés de voir encore des fermetures de lits : 18.000 sur le quinquennat ! 5700 rien qu’en 2020 ! Avez-vous déjà oublié la démission de 1000 chefs de service pour sauver l’hôpital public ?

La faillite est aussi fiscale. Toujours l’obsession d’attaquer les bas de laine mais d’épargner les coffres forts. Ah, il est beau le « en même temps ». Pour les pauvres c’est APL rabotés, retraites rognées, contrats aidés supprimés. Mais pour les riches, c’est impôt sur les sociétés baissé, prélèvement forfaitaire plafonné et Impôt Sur la Fortune supprimé ! Les bénéfices du CAC 40 se sont envolés. Nos milliardaires ont plus gagné en 18 mois de pandémie qu’en une décennie. Le ruissellement s’est transformé en évaporation car rien n’est fait contre la fraude fiscale quand elle est commise par les puissants.

Pendant qu’il agite sa main gauche, EmmanuelMACRON ne montre rien des tours de passe-passe de sa main droite ! Que dit le rapport de la Fondation Abbé Pierre ? En 5 ans, 15 milliards économisés sur les APL !Des milliards rendus aux milliardaires. Un « pognon de dingue » qui manque tellement à nos écoles, collèges et lycées, à nos hôpitaux, nos HLM, nos universités. Un « pognon de dingue » dont auraient tant besoin les travailleurs précaires, les 9 millions de Français sous le seuil de pauvreté, les 12 millions de mal-logés.

Enfin, ce bilan du quinquennat c’est la faillite du travail, de sa valeur, de son sens. La naissance détermine trop souvent l’existence. Peu importe ton mérite quandcompte tellement ce dont tu hérites ! Le chômagebaisse quand grimpent la précarité, les petits boulots,les contrats courts ou partiels, les radiations. Et ce mépris de culpabiliser les chômeurs qui n’auraient qu’àtraverser la rue pour trouver du travail ! Et ce chantagefait aux pauvres en échange des aides. Il y a treize fois plus de chômeurs que d’emplois vacants en France.Mais si vraiment il y a tant de boulot, vous n’avez qu’à leur en donner ! D’ailleurs, où sont les contreparties quand on distribue aux entreprises, et sans conditions, des dizaines de milliards d’aides qui atterrissent dansles poches des actionnaires ?

Dans ce pays, la misère n’est pas combattue mais gérée. Elle relève bien plus de choix politiques que de la fatalité. Voilà ce que je veux dénoncer au moment où le Président compte sur une « tacite reconduction » pour une élection sans campagne, bien aidé par des médias complaisants et plus que jamais concentrés dans les mains des BOUYGUES, ARNAULT, DASSAULT, PINAULT, NIEL, LAGARDERE, BOLLORE, DRAHI.

Quand notre peuple semble à ce point découragé, désabusé et parfois dévasté, nous nous engageons plus que jamais à rester à ses côtés, toujours dévoués et déterminés. Quoi qu’il en coûte. Merci.