Les opposants au projet dit de sécurité globale trouvent un large écho dans le pays.

C’est l’agression de Michel Zecler (Producteur de musique) qui a mis le feu aux poudres. Cet homme s’est littéralement fait tabasser en règle par quelques policiers zélés qui ont fait preuve de toute leur violence au mépris des règles fondamentales d’humanité que pourtant ce métier oblige.

Sur fond d’indignation collective, le Peuple se rebelle pour exiger une refonte des métiers de la sécurité publique.

Chers Amis, nous sommes historiquement confrontés à une crise politique très grave qui ne peut se contenter de déclarations d’un Président de la République dont on connait la capacité manipulatrice qu’il a de séduire son auditoire.

« Vous n’aimez pas l’article 24 de mon projet ? » Très bien on vous l’enlève : ni vu ni connu je t’embrouille… comme si les Français allaient se contenter de cette petite progression dans l’intolérable. Non Monsieur le Président, ce que nous voulons, c’est le retrait total de ce projet liberticide. Nous l’exigeons par ce qu’il atteint gravement notre liberté d’expression, notre liberté de manifester tout autant qu’il affaiblit le service public. Oui, le service public est un bien précieux qui ne doit pas subir la loi du marché ni les caprices autoritaires de qui que ce soit comme Macron tente de le faire en privatisant des missions de sécurité. C’est d’ailleurs le sens de la tribune que de nombreux journalistes ont fait connaître par le journal Le Monde. Directeurs de chaînes de télévisions, Présentateurs, Rédacteurs en chef de magazines d’information, sociétés de journalistes et diverses instances représentatives ont collectivement dit « stop » à ces dérives.

Plus que jamais, une autre politique ambitieuse est nécessaire. La France, terre des droits de l’Homme, à le devoir de se reprendre immédiatement. Imaginez l’image de notre pays à l’étranger… Abimée, dégradée, décrédibilisée parce qu’un Président fougueux, élu sur des effets de communication tout en trompant la confiance des électeurs, n’a que faire de l’histoire, de la tradition républicaine.

D’ailleurs, il confirme ce tournant autoritaire au regard d’autres textes qu’il a dans sa besace et qu’il tente désespérément de faire passer au Parlement comme le Nouveau Schéma national du maintien de l’ordre ou bien le livre blanc asur la sécurité intérieure. Livre blanc qui par son article 25 pourrait être l’occasion pour LREM de reprendre les fumeuse dispositions de l’article 24 de la Loi sur la « Sécurité globale ». Abandonnée sur le pallier de la porte, Macron tente de faire revenir par la fenêtre cette disposition qui consisterait à interdire de filmer des policiers en intervention.

Le droit à la sécurité pour tous est un impératif démocratique majeur, une garantie essentielle pour les droits humains. Il nous faut donc procéder à une refondation de la police pour qu’elle soit, sans aucune exception, respectueuse des valeurs républicaines. D’ailleurs, je le sais, bon nombre d’entre eux le veulent, l’attendent mais ne peuvent le dire sans risquer de se faire blâmer par une hiérarchie aux ordres du nerveux ministre de l’intérieure Gérald Darmanin.

Alors qu’encore aujourd’hui, le président de la République, son Gouvernement, ses parlementaires de droite dont celles et ceux d’En Marche, se refusent toujours à, parler de « violences policières » alors qu’elles ont dramatiquement marqué la répression des mouvements sociaux et populaires de ces dernières années, il faut agir pour y mettre fin ! Jamais nous ne pourrons accepter de nouveau de telles dérives, de telles provocations des Ministres Castaner, Darmanin et du Préfet de police de Paris. Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas réfléchir à faire évoluer l’IGPN par la constitution d’une nouvelle unité totalement démocratique et transparente ?

Depuis les années Sarkozy, la police de proximité avait été enterrée au profit d’une unique répression souvent aveugle… on voit aujourd’hui ou ce type de décisions ultra-populiste nous mène : dans l’impasse assurément !

Reconstruisons et tissons des liens sur le long terme entre policiers et citoyens. Créons une véritable police de proximité, une police qui réponde aux attentes et aux besoins de la population.

A ce titre, il me semble que le projet de Loi déposé en septembre 2017 par le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat conviendrait bien à la France et à la réalité du terrain, celle que connaissent nos concitoyens.

Aussi nous devons retravailler les conditions d’intégration des nouvelles recrues dans la police. La formation initiale des gardiens de la paix est bien trop courte et la formation continue pas assez élargie. Nous devons en tenir compte pour rebâtir ce beau projet de voir une police totalement juste, républicaine, soucieuse de la démocratie sans aucune exception possible.

Mesdames, Messieurs, permettez-moi de conclure en manifestant aussi mon soutien aux fonctionnaires de Police qui, dans des conditions très difficiles, avec une dégradation régulière de leurs conditions de travail, face à une pression de plus en plus dure et difficile à vivre au nom de la politique du chiffre et d’une politique de répression, maintiennent tout de même une action respectueuse de nos principes républicains en assurant des missions de sécurité et de tranquillité publique.

Une police nationale de proximité, proche des citoyens, eux-mêmes associés à ces enjeux, travaillant avec les différents partenaires à l’échelle des territoires et avec des moyens dont elle n’a jamais bénéficié : voilà la priorité du moment si on veut construire une politique progressiste de sécurité au 21ème siècle.