Nous voilà à nouveau confiné jusqu’au 1er décembre prochain.

Le Président de la République l’a dit hier soir : la prolifération du virus oblige à la responsabilité et à la mobilisation nationale pour endiguer le phénomène.

Face à l’explosion du nombre de patients admis à l’hôpital et dans les services de réanimation, face au nombre de décès et de drames familiaux qui en résulte, la protection des Français est plus que jamais la priorité du moment.

L’hôpital public alerte sur sa situation de tension ainsi que sur la détresse des personnels soignants qui sont confrontés à toujours plus de nouveaux patients à accueillir et à traiter.

Tout cela impose donc de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’enrayer la progression exponentielle de l’épidémie.

Cela étant, la stratégie du pouvoir a échouée et les alertes des scientifiques minimisées.

En ce sens, Emmanuel Macron et le gouvernement portent une grande responsabilité.

Lorsque nous avons été déconfiné il y a quelques mois, il aurait fallu un réel changement de politique. Ça n’a pas eu lieu.

On aurait dû mobiliser les moyens nécessaires pour des recrutements massifs dans le milieu de la santé et celui de l’éducation afin permettre de dédoubler les classes et de garantir les meilleurs conditions à la réussite de tous les élèves. Ça n’a pas eu lieu !

Il aurait fallu créer des milliers d’emplois, notamment en recrutant des jeunes plutôt que de construire un plan gouvernemental qui les enferment dans la précarité. Ça n’a pas eu lieu.

Changer de politique face à l’urgence aurait demandé une autre utilisation de l’argent en le mettant au profit d’une sécurisation de l’emploi et de la formation, en permettant une aide significative à la hauteur des besoins des commerçants, des TPE et des PME plutôt que d’arroser à grand coup de milliards d’euros des groupes supprimant des activités et des emplois. Ça n’a pas eu lieu.

J’ai l’intime conviction que c’est dans ces périodes compliquées qu’il faut prendre des mesures d’ampleur contre la pauvreté et contre la précarité.

Pour ces raisons, on peut dire que la politique de l’exécutif a échoué et que le gouvernement ne peut s’exonérer de la situation dans laquelle se trouve l’hôpital aujourd’hui !

Depuis les 3 derniers projets de loi de finances de la sécurité sociale, je rappelle que 3 milliards d’économies ont été demandé à l’hôpital public.

Aussi, entre 2018 et 2019, ce sont 7 600 lits d’hospitalisation qui ont été fermés : pire encore, des fermetures de lits se poursuivent dans certaines structures depuis mars dernier.

Cerise sur le gâteau : ce sont 800 millions d’euros de baisse de crédit pour 2021 qui sont prévues dans le projet de loi de finances.

Mesdames, Messieurs, je ne prends aucun plaisir à lister les manquements. L’heure est à l’action collective pour éliminer ce virus mais il faut quand même avancer en prenant acte des échecs successifs.

Je considère que le Président de la République et son gouvernement ont également échoué dans la stratégie de prévention comme en témoigne le fiasco sur les tests, le traçage et l’isolement des malades. Rappelons-nous également qu’ils ont refusé d’assumer la gratuité des masques.

L’urgence sanitaire est donc inséparable de l’urgence sociale.

Tous les moyens doivent être mobilisés afin qu’elle ne conduise pas à de nouvelles inégalités, à une explosion du chômage, de la précarité et de la pauvreté.

Les aides annoncées par le gouvernement ne suffiront pas à l’éviter. C’est une toute autre politique économique et sociale qu’il faut engager.

Immédiatement, l’aide massive, dont ont besoin nos hôpitaux et nos soignants pour faire face à la crise, doit être débloquée.

Il ne faut pas se contenter de voeux pieux sur la protection des salariés qui continueront à se rendre sur leurs lieux de travail, des dispositions concrètes doivent être décidées après négociation avec les organisations syndicales.

Un plan pauvreté doit être déployé afin que toutes celles et tous ceux qui vont subir un terrible choc social ne sombrent pas dans l’exclusion.

Toutes les forces de progrès, des forces syndicales et associatives aux forces politiques de gauche et écologistes doivent faire de cette période un temps utile afin de construire un projet rompant avec le désastre des politiques poursuivies depuis des décennies et contribuer à des victoires sociales et politiques. 

Avec les élus d’Alizay, je reviendrai régulièrement vers vous pour vous faire part des actions que nous allons mettre en place.

Courage.

À bientôt.

Arnaud Levitre,

Maire d’Alizay