La gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 a, une nouvelle fois, souligné le rôle crucial des collectivités locales et des services publics dans notre pays pour protéger nos populations.

Nul n’est besoin d’être prophète pour deviner de quelle manière cette crise serait gérée sans l’engagement des communes, des intercommunalités, sans tous les services publics du quotidien auxquels nos concitoyens sont si attachés.

Quelle sombre ironie, quand on y pense, que de constater, une fois de plus, que ce sont ces mêmes services publics, ces mêmes collectivités territoriales qui sont affaiblis, menacés de disparition par la doctrine politique et libérale dont le gouvernement se revendique.

Car, ce que cette crise a révélé, finalement, pour ceux qui en doutaient encore, c’est précisément l’invalidité des thèses libérales qui font des services publics un coût et des collectivités territoriales des freins.

Ce que cette crise a révélé, finalement, pour ceux qui en doutaient encore, c’est à quel point nos vies dépendent des premiers de corvée et non des premiers de cordée.

Mesdames, Messieurs, personne ne pourrait nier que cette crise sanitaire accentue et met en évidence une crise économique et sociale profonde dont les premiers à souffrir sont les plus défavorisés.

Ce sont d’ailleurs plus d’un million de nos concitoyens qui viennent de basculer dans la pauvreté !

Bien plus qu’une vague de prĂ©caritĂ©, c’est un vĂ©ritable tsunami qui s’abat sur notre pays ! Cette crise sanitaire, devenue crise Ă©conomique et sociale, engendre toujours plus d’inĂ©galitĂ©s et paupĂ©rise encore les plus pauvres de nos concitoyens.

Ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui vont être privés d’avenir si nous n’y faisons rien.

Personne ne saurait accepter cela, aucune société civilisée ne pourrait se satisfaire de ce constat.

Alors, mes chers Amis, il nous faut, collectivement tirer les premières leçons de cette crise.

Il nous faut dire, et répéter, que le système capitaliste, que le système libéral, sont coupables. Coupables d’engendrer de la précarité, coupables de générer des inégalités, coupables de renforcer ces inégalités en temps de crise.

Il nous faut donc, et c’est notre horizon, exiger une refonte des rĂ©munĂ©rations, une juste rĂ©partition des richesses, au profit des salariĂ©s et des ouvriers, mais aussi de toutes celles et de tous ceux qui veulent travailler mais qui en sont empĂŞchĂ©s, et pour cela, rĂ©clamer une baisse du temps de travail, pour mieux le rĂ©partir. Au passage, voilĂ  un sujet moderne, un sujet d’avenir, un sujet qui va dans le sens de l’Histoire, un sujet de justice sociale !

Ce sujet, celui d’un juste partage des richesses, d’un juste partage du temps de travail, est pourtant totalement occulté par le pseudo plan de relance du gouvernement dont le seul but est de préserver le monde d’avant, de restaurer marges et profits, de multiplier bénéfices et dividendes, à coups de baisses de cotisations et d’exonérations fiscales.

Il nous faut aussi exiger que soit reconnu et respecté le rôle éminemment précieux des collectivités territoriales. Depuis trop d’années maintenant, et c’est encore le cas dans les modalités de financement du plan de relance préparé par le gouvernement, depuis trop d’années donc, les gouvernements successifs privent les collectivités de leurs ressources en remplaçant la fiscalité locale par des dotations. Or, et nous le savons toutes et tous, ces dotations ne compensent jamais la perte de fiscalité, et ne tiennent jamais compte non plus de l’évolution des taux de fiscalité qui auraient pu être décidées par les collectivités. Exigeons, et c’est un vœu que je porte aujourd’hui auprès de vous, que l’État laisse enfin aux collectivités leurs ressources et leur autonomie. Il nous faut refuser les modalités de financement de ce plan de relance qui va lourdement peser sur les ressources du bloc communal.

Il nous faut aussi porter une autre exigence, essentielle : celle de la dĂ©fense et du renforcement de nos services publics. Il nous faut rappeler que ce plan de relance est une imposture. Le choix de consacrer la totalitĂ© des 100 milliards d’euros au secteur privĂ©, est, je le dis avec gravitĂ©, plus qu’une erreur. C’est une faute. Une faute politique, une faute sociale, une faute Ă©conomique, une faute stratĂ©gique.

Je l’affirme, et il nous faut l’affirmer ensemble : une grande part de ce plan de relance doit ĂŞtre consacrĂ© au renforcement de nos services publics : transports, Ă©nergie, tĂ©lĂ©communications, Ă©ducation, santĂ©, services Ă  la personne, perte d’autonomie et plus globalement  l’ensemble du domaine de la solidaritĂ©. Cette crise a fait la dĂ©monstration de l’utilitĂ© de tous ces services publics, elle a fait la dĂ©monstration de l’engament sans faille de ces agents. Une large part de ce plan de relance doit permettre un renforcement pĂ©renne de ces services publics. Ne pas le faire serait une faute, ceux qui en porteraient la responsabilitĂ© en seraient comptables devant le peuple.

Enfin, Mesdames et Messieurs, il nous faut porter une dernière exigence. Celle de protéger nos TPE et nos PME, nos petits artisans et commerçants, le l’Inde du spectacle, celles et ceux qui restent à la peine et vivent des difficultés sans nom. Il nous faut aussi soutenir et défendre, plus que jamais, tous les salariés.

Ayons collectivement cette exigence !

Ă€ bientĂ´t.