Mesdames et messieurs, à qui profite le crime ?

Lorsque l’on apprend que 865 salariés de l’usine Bridgestone de Béthune vont perdre leur emploi. Lorsque l’on comprend que plus de 2000 emplois induits vont disparaître, passés par pertes et profits, lorsque l’on sait que ce sont des familles, des hommes, des femmes, des enfants, qui perdront leur revenu, qui vivront dans l’incertitude du lendemain, qui risquent de tout perdre, de voir leur horizon se boucher et leur vie s’obscurcir, alors, il est temps de le demander : à qui profite le crime ?

Lorsque c’est une ville toute entière que l’on assassine, Béthune, Béthune qui a déjà vu partir tant d’entreprises, qui a déjà subi tant de saignées d’emploi dans une région industriellement sinistrée, il est temps de se demander : à qui profite le crime ?

Lorsque l’on entend des ministres du gouvernement droitier de Jean Castex regretter la décision de la direction de Bridgestone, lorsque l’on entend geindre ces politiques qui ont toujours plaidé pour la concurrence libre et non faussée, pour la recherche maximale de profits, pour la compétitivité « à tout prix », lorsque l’on écoute se plaindre ceux-là même, macronistes et Républicains, qui signent des traités de libre échange entre l’union européenne et le japon, Il y a de quoi se révolter et  se demander : à qui profite le crime ?

Les assassins ? Mais nous les connaissons, et ils sont nombreux : c’est, d’abord le géant japonais du pneu qui choisit de délocaliser, qui choisit, en bon capitaliste qu’il est, l’argent avant les gens !

Mais il n’est pas le seul coupable ! Les coupables ce sont aussi les gouvernements libéraux successifs dont Castex n’est que le dernier avatar en date, ces gouvernements qui signent les accords de libre échange, qui préfèrent le droit pour quelques-uns de s’enrichir toujours plus, que le droit pour tous de vivre dignement.

Les coupables ce sont ceux qui, par naïveté, incompétence ou calcul, arrosent à grands coups de milliards et sans aucune contrepartie les grandes entreprises à coup de subventions, de réduction fiscale ou de CICE, en échange de vagues promesses de créations d’emplois, qui ne se réalisent jamais !

Et derrière tous ces coupables, il y a ce système capitaliste fou, celui qui place au dessus de toute autre valeur la recherche du profit à tout prix, enfin, du profit pour une petite poignée seulement, alors que tous les autres doivent se serrer la ceinture, accepter les efforts et les sacrifices et se satisfaire des miettes qu’on leur laisse, et tout ça avec le sourire s’il vous plait !

Derrière tous ces coupables, il  y a ce système capitaliste fou, celui qui détruit notre planète et nos ressources, celui qui maintient dans la misère une proportion hallucinante d’hommes, de femmes, d’enfants.

Derrière ces coupables, il y a ce système capitaliste fou qui fait qu’en France, les sept personnes les plus riches possèdent autant que les 30 % les plus pauvres ! Ce système qui fait que les grandes entreprises ne se sont jamais aussi bien portées mais arrivent à payer toujours moins d’impôts tandis que les salariés, les artisans, les commerçants, les petits indépendants qui ont été les plus durement frappés par la crise sont pris à la gorge, étouffés, et pour beaucoup, condamnés à perdre leur emploi, leur entreprise, leur commerce…

Derrière ces coupables il y a ce système capitaliste fou qui a entraîné, en France, depuis le mois de mars  près de 400 plans de licenciements collectifs et des milliers de licenciements collectifs hors plan de sauvegarde de l’emploi ; Des centaines de milliers d’emplois dans des secteurs parfois stratégiques sont menacés à brève et à moyennes échéance.

Et cerise sur le gâteau, c’est dans ce contexte que le gouvernement vante son plan de prétendue relance avec ses milliards laissés à la discrétion des entreprises et encore une fois sans condition. Pour que les actionnaires boivent du champagne, ce sont les travailleurs et leurs familles qui trinquent.

Il y a urgence, urgence pour notre planète, urgence pour nos emplois, urgence pour notre dignité tout simplement…Il y a urgence à ne plus accepter cela, urgence à ne plus se laisser faire, urgence à ne plus se laisser tuer par ces vampires.

Le gouvernement doit entendre notre voix, la voix du peuple, lui qui est censé représenter les intérêts de la France et des Français doit agir avec fermeté ! Les délocalisations ne sont pas une fatalité, nous avions su le démontrer, par la lutte, avec les salariés de M-Real !

Mais, chacun et chacune d’entre nous doit aussi pouvoir reprendre son destin en main, nous devons, partout où c’est nécessaire, riposter au système capitaliste fou.

C’est ce que je vous proposerai de faire très bientôt.