Voilà 15 ans, la droite gouvernementale organisait un des plus grands rackets au profit d’intérêts privés : la privatisation des autoroutes.

 9000 km d’autoroutes ont alors été cédé à prix d’amis à Vinci et Eiffage entre autre.

Ces mêmes autoroutes dont la construction et l’entretien avaient été financés par le peuple, par nous, à travers nos impôts et les droits de péage.

 Cette opération s’est révélée un tel fiasco pour l’Etat, sur le plan stratégique et financier, que des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour réclamer une renationalisation.

 Aujourd’hui, l’idée de renationaliser les sociétés concessionnaires d’autoroute, c’est à mon sens, défendre l’intérêt général, c’est garantir un aménagement maitrisé du territoire et c’est assurer la transparence sur les coûts des péages.

 La république en marche et la commission d’enquête au Sénat se fourvoie, se moque de nous en refusant cette proposition et en se contentant de demander aux concessions autoroutières de partager équitablement les profits futurs avec l’État et les usagers. Mais qui peut croire que ces grands groupes dont la seule boussole est le profit maximum ont envie de partager leur bout de gras… Personne !

Leur bout de gras, il est pourtant conséquent ! Savez-vous que d’ici à 2031, fin des concessions aux groupes privées, les dividendes qui leur seront versées seront de 40 milliards d’euros !

40 milliards d’Euros qui vont échapper à l’Etat, donc à nous, pour aller dans les poches déjà bien remplies des actionnaires de ces grands groupes du BTP.

 Et encore, ces 40 milliards ne sont qu’une estimation basse, puisque Bruno Le Maire lui-même parle de 45 à 50 milliards d’euros.

Alors ce qu’il faut plutôt, c’est reprendre la main sur la gestion des autoroutes en créant une société à capitaux publics qu’on pourrait appeler « autoroutes de France », comme le propose justement Eric Bocquet sénateur du Nord.

 Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui, la France empreinte sur les marchés financiers à des taux négatifs. Ça pourrait donc être l’occasion d’emprunter pour reprendre la main sur la gestion des concessions d’autoroute. Voilà qui serait de l’investissement utile pour demain !

 Aujourd’hui, rien ne devrait s’opposer à ce que l’on récupère nos autoroutes Nous en avons la capacité financière, tout comme nous aurions les moyens de les entretenir, au moins aussi bien que ne le font aujourd’hui les concessionnaires privés.

Récupérer nos autoroutes, c’est récupérer ce qui nous revient. C’est s’assurer aussi de défendre l’intérêt public. C’est l’occasion surtout de reprendre le contrôle de l’aménagement du territoire, c’est garantir la transparence sur les coups des péages, c’est aussi pouvoir associer les usagers à la gestion de ce patrimoine public qui, en passant, a été financé en son temps par de l’argent public, par notre argent.

Renationaliser les autoroutes, c’est réfléchir au maillage autoroutier national et peut-être se dire qu’il est temps d’arrêter de porter toujours un peu plus l’idée que la voiture thermique et le tout camion ont vocation à se développer toujours plus.

Renationaliser les autoroutes, c’est réfléchir à la mobilité de demain et inscrire notre pays dans la transition écologique impérative.

Notre pays ne peut pas se payer le luxe de verser des milliards d’euros de dividendes aux actionnaires. C’est un réel sujet politique ! C’est un sujet citoyen ! Cette situation est connue et il est temps de mettre fin à ce scandale.

Le débat doit donc continuer et les citoyens s’emparer d’un tel sujet car ils sont les principaux concernés. 

La question de la gestion de l’argent public, la question des types de mobilité pour l’avenir, la question de l’aménagement du territoire et de la souveraineté décisionnelle du peuple sont des questions essentielles.

Au titre de l’éducation populaire, nous allons, avec vous, nous en emparer.

Je reviendrai très vite vers vous pour vous proposer une démarche concrète pour reprendre la main sur nos vies, sur tous ces sujets qui nous concernent et dont on nous tient écartés depuis bien trop longtemps.