Alizay ne rouvrira pas l’école

[ALIZAY NE ROUVRIRA PAS L’ECOLE : je vous explique pourquoi]

Mesdames, Messieurs, Chers Alizéens, Chers parents,
La crise que nous vivons met en lumière le rôle central de l’Education dans notre démocratie. Pour être pleinement citoyen aujourd’hui, il faut maîtriser des savoirs complexes.
Notre société a besoin d’une culture commune de haut niveau pour faire face à cette crise. Les semaines d’interruption scolaire ont permis de prendre conscience pour tous les Français de l’importance des services publics et notamment de ceux de l’Education nationale.
C’est à l’école, ensemble et accompagnés par des professionnels que l’on apprend et que l’on fait école.
Sa reprise aurait donc dû être une bonne nouvelle ; elle devait signifier la fin de la phase aigüe de la crise sanitaire. Elle était donc très attendue.
Mais la date du 12 mai annoncée de façon unilatérale et contre l’avis du conseil scientifique et de l’OMS vient rebattre les cartes.
Partout sur le territoire national, nous sommes confrontés à la mise en place improvisée de cette ouverture. Personne n’est dupe, cette décision de réouverture, une décision politique comme l’a clamé le conseil scientifique qui y était opposé, n’est motivée que par la volonté de renvoyer tout le monde au travail…et tant pis pour les risques.
En tant que Maire d’Alizay, j’ai évidemment pris le temps de consulter les enseignants, les parents d’élèves, l’inspection académique, les élus du village ainsi qu’un certain nombre de maires du canton de Pont de l’Arche avant de prendre ma décision. Une décision qui s’appuie aussi sur les failles d’une reprise que je qualifie de précipitée.
Pour faire simple : le Ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse nous a fait parvenir par deux fois (la dernière édition date du 4 mai) un protocole sanitaire extrêmement rigoureux…pointilleux même. On peut comprendre cela tant l’enjeu sanitaire est fort, et tant les risques du deuxième vague sont grands. Le respect strict et sans compromis de ce protocole est une condition impérative fixée aux communes pour permettre une réouverture.
L’Etat a choisi de faire peser sur les seuls maires la responsabilité d’ouvrir, au risque de la catastrophe sanitaire, ou de ne pas ouvrir leurs écoles, au risque du mécontentement de certaines familles. Monsieur Macron, après nous avoir déconsidéré tout autant que dépecé d’une partie de nos dotations, se rappellerait-il que les élus de proximité sont un élément indispensable à la vie démocratique, sociale et culturelle de notre pays ?
Sauf que si l’école reprenait, et malgré les tirades rassurantes évoquées à la va-vite par les ministres sur la question de la responsabilité juridique des maires, la question est toujours d’actualité tout au moins sur les temps périscolaire et du midi.
Je refuse tout net de prendre un tel risque. Tout d’abord parce que je suis le garant de la sécurité publique mais aussi parce qu’humainement je ne pourrais supporter de voir un décès sur ma commune du Covid-19 qui pourrait être imputé à la décision de réouverture.
Aussi, parce que le corps enseignant dans sa grande majorité partout en France est très inquiet de reprendre l’école dans ces conditions tout comme les agents des collectivités territoriales, j’ai décidé, avec l’ensemble des élus du Conseil municipal, de ne pas rouvrir nos écoles tant que les incertitudes ne seront pas toutes levées.
Ayant en tête la gestion chaotique et collective du premier tour des élections municipales, je ne veux prendre aucun risque avec la vie des Alizéennes et des Alizéens.
Chers Parents, je sais ce que cela implique. Un certain nombre d’entre vous attendaient beaucoup de ce retour à la vie scolaire : pouvoir retourner au travail, poursuivre les apprentissages des enfants et les savoir en totale sécurité. Mais, dans l’ordre actuel des choses, nous n’arriverons à rien de tout cela car gérer cette crise à l’école ne peut laisser place à quelque improvisation que ce soit !
Comme je vous le disais, après avoir pris le temps de la consultation, de l’analyse et de la vérification du terrain, avec mes collègues, nous considérons cette équation à plusieurs inconnus comme trop risquée.
En pleine conscience et pleine connaissance de ce que cela va impliquer pour vous toutes et tous, je choisis donc le principe de précaution. Mais sachez en tout état de cause que cette reprise n’aurait pas non plus permis à vos enfants de combler le retard pris sur une année scolaire normale.
D’une part, parce qu’on ne rattrape pas 4 mois d’école en 12 jours (c’est le nombre restant de jour d’école si on se réfère aux organisations proposées par l’Etat) et d’autre part parce qu’il nous faut considérer que les apprentissages nouveaux se sont arrêtés vendredi 14 mars et qu’il nous faudra collectivement en tenir compte lors de la rentrée scolaire de septembre prochain.
Décider de ne pas rouvrir nos écoles compte tenu de la situation du moment n’a rien à voir avec une posture, évidemment pas et il me semble que les arguments que je porte à votre connaissance le démontrent. J’ai tout à fait conscience que le travail à une organisation théorique du dernier moment peut paraître séduisant pour certains mais nous ne vivons pas en théorie, cet univers imaginaire où tout se déroule comme nous l’avons programmé.
Nous vivons au contraire dans un univers bien plus riche, bien plus imprévisible : le réel. Et dans tout ce réel, les enfants comme les adultes ne respectent pas toujours les règles…Nous savons toutes et tous que faire respecter les distanciations physiques par des enfants d’élémentaire, et à plus forte raison de maternelle, est impossible !
Les enfants attendent avec impatience de retrouver leurs camarades et c’est tout à fait normal. Alors, je le redis, qui peut sérieusement imaginer qu’ils seront capables de respecter à la lettre les gestes barrières, toutes les consignes données, toutes les mesures de protection et toutes les distances de sécurité ? Qui peut sérieusement penser que les enfants pourront réprimer leurs envies et leurs besoins de contact, de chaleur, de câlins et d’humanité ?
Non, nous ne prendrons pas part à cette organisation insuffisante, déshumanisante et potentiellement dangereuse ! Le risque de contamination est encore beaucoup trop grand pour qu’il en soit autrement à Alizay et partout ailleurs s’il n’en tenait qu’à moi. Nos enfants, nos enseignants, nos agents et vous tous méritez qu’on vous protège plutôt que de prévoir cette fausse école, sans âme ni échange, ce lieu commun où le lavage des mains récurent serait plus important que le partage. Leur faire subir cela vaut-il le gain de la reprise très partielle de l’économie ?
Combien vaut la vie d’un enfant ? Combien vaut la santé physique et psychologique d’un enfant ?
Si on considère qu’elle n’a pas de prix, alors il ne faut pas rouvrir. C’est notre choix et je l’assume pleinement.
Aussi et pour conclure, nous souhaitons continuer d’avoir une attention particulière aux élèves les plus en difficulté. C’est le sens de l’initiative que nous avons mis place avec les enseignants au début de la crise à savoir : la distribution des devoirs aux familles n’ayant pas accès à Internet. Nous allons continuer de vous accompagner et notamment au travers d’un nouveau service qui s’adressera à nouveau aux enfants qui rencontrent des difficultés scolaires. Avec les professeurs des écoles, nous vous en reparlerons très prochainement. Je vous souhaite le meilleur et pensez à rester prudents. A bientôt.

Arnaud Levitre, maire d’Alizay

La majorité de droite nous baillonne

Voilà ce qui apparaîtra sur l’encart que nous a réservé la droite pour l’édition de son bilan de mi-mandat !

La majorité départementale nous fait savoir que notre groupe bénéficie d’une tribune libre sur le prochain bilan de mi-mandat distribué courant octobre. Le problème est qu’on nous octroie la possibilité d’écrire sur un ticket de métro (moins de 800 caractères) : autant dire que l’exercice est périlleux tant il est difficile de s’exprimer sérieusement en si peu de mots. C’est donc la raison pour laquelle nous vous invitons à nous rejoindre régulièrement sur notre plateforme départementale de la gauche de conquête sociale : www.lavenirenpartage.com

A tout de suite pour échanger et vous faire connaître nos actions.

Le groupe CEC : Andrée Oger, Maryannick Deshayes, Gaëtan Levitre, Serge Masson.

Enedis assigne Alizay au Tribunal Administratif le 23 octobre 2018

Le 23 octobre 2018, à 9h30

Soyez nombreux à venir soutenir les élus d’Alizay contre Enedis et son projet liberticide appelé Linky.

Aussi, faites connaître ce nouveau collectif à vos élus.

Appel du Collectif des Elus Eurois Pour une Alternative au Linky

Mesdames, Messieurs les Maires et élus (es) de l’Eure, chers (es) collègues,

Nous sommes déjà nombreux à avoir pris des arrêtés ou des délibérations contre le déploiement forcé du compteur Linky.

Beaucoup d’entre vous s’interrogent et s’inquiètent de la pose de ce nouveau compteur connecté alors que les oppositions de nos administrés ne cessent de grandir dans nos communes. Des actions individuelles ou collectives sont menées au niveau national par des élus ou des associations d’usagers. Plusieurs collectifs « STOP LINKY » sont actifs dans notre région et suscitent l’intérêt et l’adhésion de nombreux habitants.

Actuellement plus de 5 000 plaignants veulent contraindre ENEDIS, filiale privée d’EDF, chargée de l’installation de ces mouchards, à respecter le choix de ceux qui les refusent.

La Commission Nationale Informatique et des Libertés ainsi que la Cour des Comptes, deux institutions dont l’expertise est unanimement reconnue, dénoncent respectivement dans leur rapport les dérives liberticides et financières de ce nouveau système de surveillance à distance.

Dans notre département, nous sommes huit maires à avoir pris des arrêtés contre l’installation obligatoire des Linky au nom du principe de précaution de la santé, de la sécurité incendie principalement et du respect du consentement mutuel.

En effet, nous estimons qu’il est de notre devoir, de nos responsabilités juridiques et morales de protéger au mieux les droits de nos concitoyennes et concitoyens au regard des risques sanitaires, de la protection des données personnelles, du coût…

Linky est le symbole d’un « monde effrayant » où les intérêts financiers priment sur la protection de la santé et où la captation des données personnelles devient source de profit.

Nous avons également recueilli nombre de témoignages, des méthodes déloyales, agressives, brutales d’ENEDIS et de ses partenaires à l’égard des personnes fragilisées par l’âge, la santé ou la précarité : harcèlement téléphonique ou par courrier, menaces, pressions, ruses, chantage, etc.

Enfin, ce dispositif coûteux pour le consommateur mais très avantageux pour ENEDIS, est une aberration économique et écologique. ENEDIS va remplacer des compteurs dont la longévité est de 30 ans par des LINKY dont la durée est estimée à 10 ans.

Pour toutes ces raisons, nous avons choisi de nous fédérer en un collectif afin de renforcer nos actions communes pour une alternative au LINKY. Déjà, huit pays européens dont le Belgique, l’Allemagne ont renoncé à son déploiement.

Ce collectif nous permettra de mieux organiser notre défense juridique en recourant au même cabinet d’avocat pour mutualiser les dépenses de procédure.

Mesdames, Messieurs les Maires et élus (es) de l’Eure, chers (es) collègues, nous vous invitons à nous rejoindre au sein du Collectif des Elus Eurois Pour une alternative au Linky : le CEEPAL.

Séance Plénière 8 octobre – Gaëtan Levitre à propos des collèges

La majorité de droite avait inscrit à l’ordre du jour la « bonne » rentrée scolaire dans les collèges du département de l’Eure. Le groupe CEC a très clairement rappelé le désordre et les énormes difficultés occasionnées par une révision de la carte scolaire faite à la hâte et sans concertation.

 

Monsieur le Président, chers collègues,

Vous avez souhaité inscrire à l’ordre du jour de cette séance plénière la rentrée scolaire et ses nombreuses nouveautés. C’est donc l’occasion de dresser un premier bilan de cette rentrée pour le moins chaotique au regard des décisions unilatérales que vous avez prises.

Nous y voilà ! Depuis des mois, vous répétez sur tous les tons que la rentrée scolaire vous donnerait raison et validerait vos choix et votre méthode !

C’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses disait ma grand-mère. Jamais peut-être formule n’aura été si justifiée !

Votre méthode, vos résultats, parlons-en !

Vous n’avez cessé, depuis des mois maintenant, de défendre l’indéfendable en affirmant que la fermeture des collèges sur le territoire de notre département était une bonne chose tant pour la mixité sociale que pour l’organisation du temps scolaire au sein des établissements. Vous avez remplacé, dans votre méthode, le fond par la forme, à grands « coups de com » et de formules toutes faites pour éluder, avec une légèreté coupable, les préoccupations légitimes que l’ensemble des citoyens concernés ont pu formuler.

Vous n’avez cessé, depuis des mois, de bafouer la démocratie en refusant délibérément et obstinément d’entendre ou d’écouter celles et ceux qui étaient pourtant les premiers concernés : les enseignants, le personnel Eurois dédié, les parents d’élèves et les élèves. Vous avez rejeté, sans même les  discuter, les propositions faites par les 70 élus de l’agglomération Seine Eure.

Cette surdité, cet aveuglement face au réel, vous, comme les élus de votre groupe, continuez à en faire votre marque de fabrique. Lorsque nous lisons l’entretien de la conseillère Afida Ouhada parue dans la presse locale, nous sommes consternés !

C’est un condensé de mensonges par omission et de contre-vérités ! Se réjouir de vos mesures, se réjouir de la fermeture de deux collèges, en se targuant du fait que cela renforcera la mixité sociale est au mieux un aveuglement, au pire une odieuse manipulation ! Cela va aider les populations les plus fragiles, celles de Val-De-Reuil, dites-vous…

Alors pourquoi ce sont ces populations, ces jeunes, ces enfants, que l’on met sur la route tous les jours, à qui on allonge, de fait, la journée hors de leur domicile ? C’est cela votre conception de la justice sociale ?

La fermeture des collèges telle que vous l’avez opérée, c’est, à terme, la disparition des moyens spécifiques des écoles de secteur qui bénéficiaient des moyens REP. A terme, c’est donc, pour ces écoles, la disparition de conditions plus favorables en termes de taux d’encadrement notamment, alors qu’elles continueront pourtant à accueillir les mêmes enfants. C’est cela votre conception de la justice sociale ?

Les arguments que vous avancez pour justifier votre choix sont sans aucun fondement. Madame Ouhada se réclame d’une étude de chercheurs ?… J’ai lu cette étude, pas une ligne, pas un mot ne recommande de fermer des établissements de petite taille pour créer de grands ensembles de plus de 800 collégiens.

Au contraire même, voilà la conclusion qu’une étude de 2014 de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’éducation nationale (brandir l’étude) et que je vous laisse savourer : « le facteur taille a une grande importance dans les collèges accueillant beaucoup d’élèves d’origines sociales modestes. Autrement dit, les petits collèges conviennent mieux aux élèves de familles socialement défavorisées ». Vous avez fait tout le contraire !

Pas une ligne, pas un mot ne recommande non plus de mettre sur la route les enfants des quartiers les plus en difficulté.

Je me souviens aussi, lors de la dernière séance du mois de juin, la désinvolture avec laquelle certains ont cru rassurer l’audience quant aux travaux à réaliser pour la sécurité des élèves ! Résultat des comptes : un enfumage opaque laissant la triste réalité surgir des faits : les travaux n’ont pas été faits comme au collège du Hamelet de Louviers par exemple.

Voilà pour votre méthode. Comptons les bouses maintenant que la foire est finie, voyons vos résultats.

A Evreux et sur le territoire de son agglomération c’est la catastrophe, le Dawa comme diraient les jeunes. Mon collègue Serge Masson saura tout à l’heure vous préciser les nombreux désagréments occasionnés par cette révision approximative de la carte scolaire dans la capitale Euroise.

Pour ce qui concerne les établissements du secondaire sur le territoire de l’agglomération Seine Eure, le collège du Hamelet a subi une rentrée très difficile tant sur les questions d’aménagements et de sécurité que sur l’accueil de nos élèves. Un collectif de citoyen  s’est constitué pour dénoncer ces problématiques :

  • conditions de sécurité préoccupantes liées à la circulation des bus scolaires dans la rue A Dumas de Louviers ;
  • nécessité de construire une desserte parfaitement sécurisée et des bus qui ne soient pas obligés de rouler sur les trottoirs
  • nécessité d’agrandir le parking devant le collège (agrandissement qui devait être réalisé dès la rentrée si j’en crois l’intervention qu’avait fait le Conseiller Jubert en juin dernier…
  • Enfin, au titre de la démocratie participative, ce collectif demande à ce que les citoyens et les enseignants soient associés à la reconstruction et au choix du lieu d’implantation d’un nouveau collège.

Qu’en sera-t-il ? Les élus de la majorité de droite que vous êtes vont-ils enfin entendre raison et enfin faire avec les populations ?

Sur Pont de l’Arche et Val de Reuil, c’est aussi une rentrée difficile: Incohérence des temps de transports ; fatigue importante des élèves ; coût de transport qui monte en flèche : on parle de 400 000 euros supplémentaires et occasionnés par votre faute. Si rien n’explose, ce n’est que grâce au dévouement et à la professionnalité des personnels de ces collèges !

Je veux également signifier à l’assemblée tout autant qu’à celles et ceux qui nous écoutent ce matin que cet empressement à boucler coûte que coûte la carte scolaire sans pour autant avoir totalement anticipé et construit le projet relève au mieux de l’amateurisme le plus absolu …mais au pire d’une volonté politique de mettre à mal l’école publique.

Je dis cela avec force et gravité car au regard des chiffres, on s’aperçoit que beaucoup de parents face à ce parcours du combattant imposé ont fait le choix de l’école privé pour leurs enfants. Rien d’étonnant d’ailleurs quand on sait que c’était justement une des conclusions des chercheurs dont se revendique fièrement Mme Ouhada ! Tant que la fuite vers le privé sera possible, ce type de mesure autoritaire que vous avez prise restera sans effet pour améliorer la mixité sociale ! Vous ne pouviez pas ne pas l’avoir prévu ! Vous ne pouviez pas ne pas l’avoir anticipé ! C’était dans l’étude dont vous vous revendiquez !  Est-ce donc cela votre projet politique pour notre jeunesse et notre école ?

Quel dommage que vous n’ayez pas écouté notre groupe lorsqu’il vous demandait de différer d’une année la fermeture des collèges pour prendre le temps nécessaire à mener une réforme construite avec celles et ceux qui sont sur le terrain et qui connaissent précisément leur métier et ce dont ont besoin nos jeunes.

Vous ne l’avez pas fait à dessein. Car derrière vos mots, derrière vos formules creuses apparait maintenant clairement votre projet politique. Ce qui vous obsède, ce qui vous importe, c’est de diminuer le cout de l’éducation, et tant pis pour nos enfants. Je cite encore l’étude du ministère, vous vous y reconnaitrez : « L’arbitrage peut reposer sur d’autres critères, comme le coût de fonctionnement qui, rapporté au nombre de collégiens accueillis, est plus faible dans les gros établissements. Cet argument plaiderait donc pour augmenter la taille des collèges, à condition d’adopter une vision de court terme. Car à plus long terme, cela peut être discuté si on fait intervenir un autre critère, celui de la réussite des élèves. Dans ce cas, diminuer les effectifs d’un collège ferait, certes, augmenter le coût unitaire de son fonctionnement. Mais les élèves atteindraient un meilleur niveau, ce qui à plus long terme augmenterait leurs chances de s’insérer dans de bonnes conditions sur le marché du travail.»

Voilà bien exposées nos deux visons, irréconciliables, de l’éducation. Vous raisonnez en termes de coûts, pour vous les élèves ne sont que des chiffres qu’on analyse sur un tableau Excel. Nous voulons, nous, donner les meilleurs chances à tous nos jeunes, nous voulons leur permettre de devenir ces citoyens libres et éclairés de demain dont notre monde a tant besoin.

Pour vous l’éducation est un coût, pour nous elle est une chance !

Je vais me permettre de conclure mon propos sur la mixité sociale. Monsieur le président : on ne résout pas les problèmes de mixité sociale à coups de Bulldozer, en démolissant des collèges !

Avez-vous pensé une seule seconde que tuer Pablo Neruda allait renforcer le sentiment d’injustice et affaiblir le travail des associations présentes sur place depuis des années ? Avez-vous pensé aux répercussions d’une telle mesure sur le long terme ?

Avez-vous concrètement anticipé les difficultés liées au transport à la Madeleine ? Non puisque ce ne sont que deux trajets au quotidien qui relient ce quartier au collège Paul Bert par exemple : un le matin et un le soir ! Comment les jeunes font-ils dans de telles conditions?

Avez-vous mesuré le nombre de décrocheurs que nous risquons d’avoir à cause de cette précipitation inutile ?

J’ai bien peur que non et c’est la raison pour laquelle notre groupe s’en attriste.

Peut-être est-il temps, Monsieur le Président de mettre en place un nouveau mode de gouvernance où nous pourrions collectivement réfléchir sereinement, démocratiquement, à l’avenir de notre Département pour privilégier ceux qui nous ont élus : les habitants, les familles et nos jeunes !

 

Rassembler à gauche

En cette période où la violence du gouvernement libéral veut détruire les conquis sociaux et les droits populaires, il devient urgent de trouver la ou les méthodes capables de rassembler la gauche du côté de la conquête sociale. Bon visionnage.

8 mars 2018, journée internationale des droits des femmes

Texte de Cédric Forcadel, militant pédagogique

L’avenir de l’homme, c’est la femme. Elle est la couleur de son âme — Elle est sa rumeur et son bruit — Et sans Elle, il n’est qu’un blasphème (Aragon).

Comme tous les ans à la même date, revoilà venue la journée internationale de la femme, un peu de lumière sur la situation d’une majorité opprimée, avant le retour à l’obscurité. Un peu de louanges ou de plaintes hypocrites avant un an de silence assourdissant.

Aujourd’hui 8 mars, comme un marronnier médiatique, revoilà le défilé des tristes sires et des tristes chiffres que depuis des années nous connaissons sur le sort injuste réservé aux femmes, à la maison, dans la rue ou au travail. Plus personne ne peut feindre d’ignorer le nombre de femmes victimes d’agressions sexuelles, de violences, d’oppressions… Plus personne ne peut faire semblant de ne pas connaitre les différences de salaire qu’il existe entre hommes et femmes, à poste égal !

Aujourd’hui 8 mars, comme un marronnier médiatique nous serons à nouveau plongés dans la consternation absolue d’une société prétendue moderne, mais empêtrée dans un machisme sordide et sclérosé par son héritage religieux. Il n’est qu’à voir comment de nombreux hommes ont réagi face au mouvement #balancetonporc. Disons-le clairement : ce ne sont pas aux hommes de porter un jugement sur ce type de mouvement. La parole des opprimés appartient avant tout aux opprimés. Que les femmes victimes de maltraitances, de violences physiques ou psychologiques, de pressions, d’abus sexuels, de discriminations en raison de leur condition de femmes, puissent enfin avoir un espace d’expression, c’est une avancée. Point barre. Et tant mieux si cela heurte, si cela choque, si cela dérange. Au moins, la parole se libère et il faut s’en féliciter !

Alors, aujourd’hui, 08 mars, comme un marronnier médiatique, les femmes auront droit à quelques jolis discours compatissants, et peut être même à quelques bouquets de fleurs gracieusement offerts par ceux-là mêmes qui participent de leur domination.

Ça suffit, ce ne sont pas des cadeaux ou des fleurs qu’il faut, ce sont des actes !

Revendiquer l’égalité hommes-femmes, c’est affirmer, tout au long de l’année, la nécessité d’un changement de société, pour une société plus juste, plus démocratique, plus éclairée, débarrassée des clichés machistes et des traditions de domination des uns sur les autres.

Pour un égal accès aux postes de responsabilité, pour un égal traitement salarial, pour le droit au respect et à la dignité, pour un vrai partage dans le couple et dans la famille, c’est toute l’année qu’il faut se battre, et dès le plus jeune âge.

Le féminisme est un humanisme, et sans mauvais jeu de mots, la femme est un Homme comme les autres. La lutte pour l’égalité réelle des droits des femmes ne peut exister seule. Elle s’inscrit dans une lutte plus large pour l’égalité réelle entre toutes et tous, quels que soient son sexe, son âge, sa nationalité, sa condition sociale, son handicap… C’est toute la logique d’une société de domination qu’il faut mettre à bas.

Ce n’est pas une journée des droits de la femme qu’il nous faut, c’est une année des devoirs de la société ! Car si les femmes ont des droits, la société a le devoir de leur donner les moyens pour les exercer !